Les Capétiens

Moyen Age

Naissance
1214
Roi des Francs
1226
Mort
1270

Parents : Louis VIII et Blanche de Castille

Epouse : Marguerite de Provence

Enfants : Onze enfants, dont Philippe III

Louis IX – Saint Louis

Chevalier courageux et combatif, souverain aussi habile que sage, mari fidèle et profondément pieux, aussi proche de ses soldats que des pauvres et des malades, Louis IX incarne le modèle du roi chrétien. Sa réputation d’intégrité et de vertu était reconnue partout en Europe, mais malgré ses qualités humaines indéniables, il n’hésitait pas à recourir à la force et à faire preuve d’une grande cruauté contre les hérétiques ou encore les juifs.

Celui qu’on appellera plus tard : Saint Louis, peut se vanter d’être le premier roi de France à avoir connu son grand père (Philippe Auguste) et à en avoir reçu des conseils. Peut être lui a t-il confié de prendre son temps avant de gouverner ? C’est en tout cas ce qu’il décidera de faire en laissant à sa mère, l’énergique espagnole : Blanche de Castille, la conduite des affaires du royaume.

La régence de Blanche de Castille

Le roi Louis VIII meurt en 1226 en laissant le trône vacant. Son jeune fils de douze ans n’a pas été sacré de son vivant, il n’a même pas été fait chevalier. De plus, aucune consigne ne figure dans son testament concernant la succession au trône, hormis une lettre ordonnant que Blanche soit régente.

Les capétiens se voient confronter à un problème dynastique nouveau et au vu du contexte, Louis IX sera sacré à la hâte, à peine 15 jours après le décès de son père, le 29 novembre 1226, afin d’éviter les troubles. D’ailleurs, l’absence remarquée de nombreux grands seigneurs lors de la cérémonie ne laisse rien présager de bon.

La révolte des barons

En effet, la rébellion s’organise très vite autour de Philippe Hurepel (fils de Philippe Auguste et de sa 3ème épouse : Agnès de Méranie) qui, par opportunisme, va profiter de la minorité de Louis IX pour revendiquer ses droits à la couronne.

Mais il n’y avait pas que son oncle qui cherchait à déstabiliser la régence de Blanche de Castille. A deux reprises (1227 et 1230), les grands barrons du royaume tenteront de renverser la royauté, allant jusqu’à tenter d’enlever le jeune Roi. Mais ce n’était pas sans compter sur l’intervention providentielle des parisiens qui, déjà conquis par la personnalité de Louis,  ont réussi à renverser la révolte.

Après 7 ans de lutte contre les barrons, Louis sera déclaré majeur le 25 avril 1234. Il  prendra aussitôt les armes et la commande de son armée pour rendre justice. La monarchie capétienne ressort grandie de cette révolte et se consolidera chaque jour davantage. Le siècle de Saint Louis va pouvoir commencer.

La France de Saint Louis

Depuis Philippe Auguste, le royaume se renforce de façon spectaculaire, la dynastie capétienne est à son apogée. Economiquement parlant, le règne de Louis IX est une période de grande  prospérité, qui verra le recul des famines et de la pauvreté, ainsi que le développement des villes.

Mais, si la France est considérée comme le plus puissant État de la chrétienté occidentale, elle reste néanmoins un État de type féodal. Et parmi ses vassaux, se trouve Henri III : le roi d’Angleterre.  

Le traité de Paris de 1259

Le 4 décembre 1259, Louis IX et Henry III d’Angleterre ratifient le traité de Paris. Les deux rois sont beaux-frères, ils ont épousé les sœurs Eléonore et Marguerite de Provence. Leurs enfants sont donc cousins germains et l’esprit de famille doit l’emporter sur l’appétit de pouvoir.

Cet accord met un terme au conflit territorial qui oppose les deux royaumes depuis des années. La France récupère la Normandie, le Maine, l’Anjou, et le Poitou, tandis que l’Agenais, le Périgord et le Quercy seront restitués aux Anglais.

Ce partage des terres sera, en partie, à l’origine de la seconde Guerre de Cent Ans (1689-1815)…

En 1239, Louis rachète aux Vénitiens les reliques de la Passion (couronne d’épines et clou du Christ en croix), que ces derniers avaient reçues en gage de Baudouin II ; à condition de leur donner un cadre digne d’elles, pour cela il fait construire entre 1241 et 1248 la Sainte-Chapelle, à Paris. Tous les touristes peuvent aujourd’hui encore aller contempler ces reliques.

Louis fait vœux de croisade

En cette année 1248, Louis IX tombe gravement malade et sombre dans l’inconscience. Son état est si critique qu’à la Cour on le donne déjà pour mort ! Pourtant, le roi va se rétablir et pour remercier le Seigneur de cette guérison miraculeuse, il va faire vœu de croisade.

Accompagné de son épouse et de son frère : Charles d’Anjou, il part pour Jérusalem le 25 août 1248, laissant une nouvelle fois la régence à sa mère Blanche de Castille. Le 5 avril 1250 le roi est fait prisonnier à Mansourah et ne sera libéré que contre une rançon de 500 000 livres.

Mais, Louis ne rentre pas immédiatement en France. Il se rendra en Syrie pour aider les villes chrétiennes (Jaffa, Sidon, Acre) à renforcer leur défense et leur administration. Ce n’est qu’après avoir appris la mort de sa mère que le roi Louis IX accepte de rentrer en France, le 7 septembre 1254, après six années d’absence. (Blanche de Castille s’éteint en décembre 1252, mais la nouvelle ne parvient aux croisés qu’au printemps 1253).

Saint Louis au service des plus démunis

Louis IX, en matière de justice, a toujours  soutenu les plus démunis. Tout au long de son règne, il surprend ses contemporains par son immense dévotion à la souffrance qui atteint les plus pauvres, les malades, les lépreux…soignant lui même les écrouelles (lésions cutanées atteignant surtout le cou), leur lavant les pieds ou encore en leur donnant à manger. Il fonde divers hospices, dont celui des Quinze-Vingt à Paris, conçu initialement pour accueillir 300 aveugles.

L’inquisition en réponse à l’hérésie

Depuis le siècle précédent, un bouillonnement spirituel agite la chrétienté. Ceux que l’on nomme Cathares (ou Albigeois) ne rejettent pas les fondements de la religion chrétienne, mais s’attaquent  davantage au train de vie luxurieux que mène le clergé et plus particulièrement la papauté.

Ce mouvement contestataire apparait pour l’essentiel dans le sud ouest de la France et les partisans, engagés dans ce rapport de force avec l’Eglise font construire les fameux châteaux cathares pour s’y replier et se protéger.

Dès 1184, le pape Lucius III condamne les Cathares et les désigne comme étant hérétiques. En 1209, en guise de lutte contre l’hérésie, débute la croisade contre les Albigeois. Si vingt ans plus tard, Blanche de Castille est parvenue à reconquérir le Languedoc, il reste à résoudre la question religieuse…et c’est ainsi que l’Inquisition se met en place, soutenue par le roi lui même.

Instaurée en 1233, l’inquisition désigne les tribunaux ecclésiastiques qui « enquêtent » et instruisent les affaires d’hérésie et décident de la sentence. Les condamnés sont ensuite remis à la justice civile, qui est chargée de l’application des peines.

En 1244, la citadelle de Montségur, dernier refuge des cathares, est prise par l’armée royale: 200 albigeois refusant d’abjurer seront brûlés.

Ce grand Roi avait beau être d’une grande piété et d’une soif inégalable de justice, il aura pourtant fait preuve d’une grande intolérance envers les cathares et les juifs durant son règne.

La croisade de trop

En 1270, à 56 ans, pour la deuxième fois de son règne, Saint Louis part en croisade. Il mettra 3 ans à convaincre ses barons qui ne partagent pas la même fascination religieuse que lui. Mais en tant que bon chrétien et peut être aussi par obstination, Louis embarque depuis Aigues Mortes pour se rendre à Tunis, en compagnie de sa femme Isabelle et du Dauphin Philippe.

Le siège de Tunis se prolonge, la chaleur se fait insoutenable, l’eau se met à manquer. Atteinte par la peste, l’armée du roi est décimée. Le 2 août, elle emporte Jean Tristan, le fils du roi, puis le roi lui-même le 25 août. Spontanément, dès le 25 août, les barons prêtèrent serment au Dauphin : Philippe III Hardi.

Juste avant son départ, Saint Louis écrivit une lettre à son fils Philippe, future roi, dans laquelle il donnait ses dernières recommandations :

« Cher fils, s’il advient que tu deviennes roi, prend soin d’avoir des qualités qui appartiennent aux rois, c’est à dire que, quoi qu’il arrive, tu ne t’écartes pas de la justice. Et si il advient qu’il y ait une querelle entre un pauvre et un riche, soutiens de préférence le pauvre contre le riche jusqu’à ce que tu saches la vérité, et, quant tu la connaîtras, fait justice. »

Il s’agissait de la huitième et dernière croisade des occidentaux et la fin du rêve de reconquérir les lieux Saints. Deux  autres croisades seront prêchées (en 1274 par Grégoire X et en 1289 par Nicolas IV) mais avorteront par manque d’enthousiasme.