Les Capétiens

Moyen Age

Naissance
1165
Roi des Francs
1180
Mort
1223

Parents : Louis VII et Adèle de Champagne

Epouse : Isabelle de Hainaut

Enfants : Louis VIII

Contemporains : Richard Coeur de Lion, Jean sans Terre

Philippe II Auguste

Affaibli et malade, le vieux roi Louis VII n’est plus vraiment en mesure de gouverner seul. C’est pourquoi il décide d’associer son fils au trône, de son vivant, en le faisant sacrer roi le 1er novembre 1179.

Lorsque son père décédera l’année suivante, le 18 septembre 1180, Philippe n’a alors que 15 ans et devient le premier roi à se donner officiellement le titre de « Roi de France ».  

Un mariage tout en symbole

Le 28 avril 1180, Philippe se marie avec Isabelle de Hainaut, une descendante directe de Charlemagne. Au delà de la dot qui va contribuer à agrandir le royaume avec : l’Artois, Arras et Saint-Omer, cette union est aussi très symbolique.

En effet, si la dynastie carolingienne a cessé de régner depuis deux siècles, elle est encore présente dans le cœur des Français qui l’appelle « la race des grands rois ». C’est pourquoi ce mariage, qui allait réunir le sang de Charlemagne à celui de Hugues Capet, était lourd de sens.

Un roi conquérant

Voilà bientôt un siècle, que l’Histoire des rois de France est associée à la lutte incessante contre les Plantagenets qui, par leurs possessions continentales (Normandie, Anjou, Aquitaine…), menacent directement le pays. Cette période se nomme : la première guerre de 100 ans !

Si ses prédécesseurs ont préféré la ruse plutôt que le combat direct avec les Rois anglais, Philippe II choisira l’affrontement sur le champ de bataille. D’abord face à Henri II jusqu’en 1189, puis son fils ainé : le redoutable Richard Cœur de Lion, avant de triompher de son second fils : Jean Sans Terre en 1214, lors de la bataille de Bouvines.

La croisade des rois

Depuis 40 ans, en Orient et tout particulièrement à Jérusalem, chrétiens et musulmans vivent en bon voisinage. Les uns se marient avec les autres, les coutumes de chacun étaient respectées et  les échanges commerciaux étaient devenus très intenses.

Seulement voilà, le Sultan d’Egypte : Saladin (Salâh al-Dîn), monte une armée et déclare la guerre aux chrétiens d’Occident, avant de s’emparer de Jérusalem le 3 octobre 1187. Les Francs rescapés de Palestine, sur le point d’être rejetés à la mer, appellent à l’aide les rois d’Occident.

En pleine querelle, les souverains d’occident décident de faire une trêve et de s’unir pour la défense de la chrétienté et de la ville Sainte de Jérusalem. C’est ainsi que s’organise la 3eme croisade, appelée la croisade des rois puisqu’elle verra se battre cote à cote les 3 grands monarques d’occidents :

  • Le roi de France : Philippe Auguste,
  • Le roi d’Angleterre : Richard cœur de Lion, qui est également duc de Normandie…il faut le rappeler
  • L’empereur Germanique : Frédéric Ier Barberousse

Les armées réunies étaient très importantes. Mais à peine arrivé en Asie Mineure, Frédéric Barberousse se noie avec son armure en voulant traverser une rivière. Richard et Philippe, quant à eux, parviennent à reprendre la ville de Saint-Jean d’Acre.

Philippe II tombe étrangement malade et décide de rentrer en France. En réalité, les soupçons d’empoisonnement par les anglais ne faisaient que peu de doute. Toujours est-il qu’une fois de retour en France, il profite de la longue absence de Richard Coeur de Lion pour enlever le Vexin et une partie de la Normandie aux Anglais.

Resté seul, le roi anglais accomplit des prodiges, mais il n’est plus en mesure de battre Saladin et se voit contraint de signer une trêve avec lui, en 1192. Selon les termes de l’accord : Jérusalem reste aux mains des musulmans en échange de quoi Saladin s’engage à protéger les pèlerins chrétiens qui cherchent à se rendre dans la ville Sainte.

La reprise des hostilités

Sur le chemin retour de Jérusalem, Richard Cœur de Lion est capturé et fait prisonnier par Léopold d’Autriche. Probablement que Philippe II se soit entendu avec lui dans cette affaire. 

Mais dès sa libération, en 1193, Richard infligera une série de défaites au roi de France. La guerre entre les deux nations reprend de plus belle et durera 5 ans. Elle sera d’une atrocité et d’une fureur similaire aux pratiques des peuples barbares.  

Richard mourra en 1199, loin des champs de bataille. Courageux jusqu’à la témérité, il laisse à son héritier un royaume d’Angleterre qui s’étend de l’Ecosse aux Pyrénées. Le pays tout entier le pleure. 

Les hostilités reprendront avec Jean sans Terre, nouveau roi d’Angleterre et frère de Richard de 1204 à 1208, période pendant la laquelle la Normandie redeviendra française.

La croisade contre les Albigeois

Dans le même temps, se joue une autre révolte en Languedoc où l’hérésie cathare a pris une ampleur considérable.  Philippe Auguste charge Simon de MONFORT, petit seigneur d’Ile de France, de mener une croisade contre les albigeois et qui va mettre le Languedoc à feu et à sang.

Un mariage en guise  de Paix

A la mort de Richard, sa mère : Aliénor d’Aquitaine, est consciente des menées du roi de France Philippe Auguste. Elle sait aussi que Jean sans Terre, son second fils, n’est pas l’homme de la situation.

C’est ainsi que, pour sauver son royaume, la vielle reine d’Angleterre va fiancer Blanche de Castille (nièce et héritière du roi d’Angleterre) à Louis VIII (héritier du trône de France). Cette union constitue le gage d’alliance le plus précieux et le plus solide d’une Paix que tout le monde espère durable.

Malheureusement, en cette année 1200, les sacrements ne peuvent plus être administrés en France. Philippe, pour avoir répudié la reine Ingelburge (sa seconde épouse), s’attire la colère du  pape innocent III qui a jeté l’interdit sur tout le Royaume. Il doit se résoudre à célébrer le mariage en terre « ennemie » chez le voisin anglais. En contre partie, Jean Sans Terre devra se constituer otage sur les terres de Philippe Auguste le temps du mariage.

Heureusement pour lui, les jeunes époux ne s’attardent pas. Point de banquet ni de tournoi, comme il en est habituellement offert après les grands mariages du temps. A peine l’office religieux terminé, ils se dirigent en toute hâte vers Paris

Une dynastie forte

La première guerre de Cent Ans se termine avec une France reformée :

Philippe Auguste a quadruplé le domaine royal (toutes les possessions de l’Empire Plantagenêt ont été récupérées, sauf l’Aquitaine)

Paris est bien défendue (construction de nombreux châteaux – dont le Louvre médiéval à Paris et les remparts autour de la ville)

Le royaume est doté d’un début d’administration (mise en place des baillis, des prévôts et des agents royaux).

Le roi est devenu plus puissant que ses vassaux et son pouvoir ne va cesser de croître, tandis que la Féodalité va reculer jusqu’à disparaître quelques temps plus tard. La France devient le plus puissant royaume de l’Occident chrétien et Philippe Auguste restera dans l’esprit de chacun le premier des Grands Capétiens.

A sa mort en 1223, Philippe Auguste laisse à son fils Louis VIII un pouvoir consolidé, au point où le vieil usage capétien, consistant à faire sacrer son successeur de son vivant, a été abandonné.