La bergère de Dom Rémy
Jeanne est la fille de Jacques d’Arc et d’Isabelle Romée, un couple de paysans aisés de Dom Rémy en Lorraine, une enclave fidèle à Charles VII, loin au milieu des territoires Bourguignons et Anglais.
Jeanne d’Arc
Jeanne est une fillette pieuse, illettrée et gaie, rien ne la distingue de ses compagnons de jeu. A l’âge de 13 ans, elle a une apparition de Saint Michel sous l’apparence d’un chevalier, de Sainte Marguerite et de Sainte Catherine qui lui ordonnent de conduire le dauphin à Reims pour le faire sacrer et de bouter les Anglais hors de France ».
Elle attendra l’âge de seize ans, pour enfin oser parler de ses voix à son oncle. Mais en ces temps de guerres, les illuminés foisonnent de partout et personne ne veut vraiment la croire.
L’année suivante, les Anglais déferlent sur la Lorraine, Jeanne voit l’ennemi de près et doit se réfugier à Neufchâteau avec sa famille. Cette fois ci, elle insistera pour être reçu par le duc de Lorraine et lui faire part de sa mission divine.
On ne sait pour quelle raison, mais le duc accède à sa demande et lui donne une escorte de quelques hommes, dont Jean de Metz et Bertrand de Poulengy, qui lui resteront fidèles tout au long de son épopée. Habillée en homme, Jeanne ira jusqu’à Chinon pour y rencontrer le dauphin…
La rencontre avec le Dauphin
Arrivée à Chinon, le 8 mars 1429, Jeanne se rend à la grande salle du château. Elle n’avait encore jamais vu le roi auparavant, et pourtant l’anecdote raconte qu’elle le reconnaît, habillé en simple courtisan, caché dans son assistance, alors qu’un sujet avait pris sa place. Tout le monde reste bouche bée… !
La jeune fille se présente au Dauphin sous le nom de : Jeanne la Pucelle et lui annonce qu’elle a un message du roi des cieux à lui délivrer : « j’ai reçu du roi des cieux le commandement de repousser les anglais qui assiègent Orléans et de conduire le Roi de France à Reims pour qu’il y soit sacré et couronné ! »
Jeanne et Charles VII s’entretiennent en secret, nul ne sait ce qu’ils se sont dits, mais le roi ressort avec le visage éclairé. Convaincu, Charles VII lui donne une armure, une garde de quelques hommes et l’autorise à se joindre au tout dernier convoi destiné à secourir Orléans.
Jeanne fit faire un étendard timbré de la fleur de lys et des mots : Jhesus Maria. De tous les chefs de guerre, rudes et parfois cruels, pas un n’osa s’opposer à la jeune fille. Les hommes ne jurèrent plus et les prostituées (qui font habituellement partie du convoi) sont renvoyées.
Le temps des victoires
Arrivée devant la ville assiégée, Jeanne d’Arc monte en personne à l’assaut avec son étendard, réussit à s’introduire dans la ville et parvient à galvaniser le moral des soldats : le 8 mai 1429, Orléans est libérée.
Les troupes poursuivent leur progression, contournent Paris et avancent sur Reims dont les portes s’ouvrent sans résistance : Charles VII est sacré roi de France le 17 juillet 1429 (cérémonie que tout le monde jugeait impensable six mois plus tôt).
Le temps des revers
Charles VII a obtenu ce qu’il voulait : un sacre authentique, en bonne et due forme, dans la cathédrale de Reims. Mais il faut maintenant penser à la suite et une partie de son conseil penche pour une réconciliation avec le duc de Bourgogne.
Pendant ce temps, Jeanne d’Arc poursuit sa mission et souhaite plus que jamais libérer la France de son envahisseur, les armes à la main. Pour certains, l’héroïne d’Orléans devient encombrante.
Les moyens mis à sa disposition deviennent de plus en plus réduits : le 8 septembre 1429, Jeanne échoue devant Paris et le 24 mai 1430 elle est faite prisonnière à Compiègne.
Le procès
Jeanne d’Arc sera vendue aux anglais à prix d’or (dix mille livres). Le régent Bedford qui avait promis de la faire brûler si elle tombait entre ses mains, va maintenant popuvoir s’y employer. Mais pas n’importe comment, car l’affaire était trop importante pour qu’on n’en soigne pas la forme et la manière.
Ce n’est pas Jeanne d’Arc qui est dangereuse, c’est son symbole ! Et à l’époque, il était important de prouver qu’on n’exécutait pas une Sainte, mais une sorcière aux pouvoirs surnaturels ! Elle aura donc un procès religieux (inquisition), pendant lequel on mettra tout en œuvre pour la condamner
C’est l’évêque de Beauvais, Pierre Cauchon, défenseur inconditionnel du parti Bourguignon qui va s’en charger : du 9 janvier au 29 mai 1431. La ville de Rouen a été préférée à Beauvais ou Compiègne qui ne leur appartenaient déjà plus et Paris était devenue peu sure.
Son exécution
Jeanne d’Arc est brûlée vive à Rouen place du vieux marché : le 30 mai 1431. Jusqu’au bout, elle proclamera sa foi en ses voix. Ses juges lui refuseront l’absolution. Elle réclame une croix, un soldat anglais ému lui en fabrique une.
Le bûcher consumé, ses cendres sont jetées dans la Seine, à l’emplacement actuel du pont Boieldieu.
De réhabilitation en canonisation
Charles VII n’a rien fait pour sauver Jeanne d’Arc. Après la disparition de la pucelle d’Orléans, la reconquête du royaume sera moins fulgurante. Il avait fallu deux mois pour aller d’Orléans à Reims, il faudra 5 ans pour libérer Paris et 15 ans supplémentaire pour entrer dans Rouen et Bordeaux.
Vingt ans après le procès, Charles VII, devenu roi de France incontesté, éprouve quand même le besoin de réhabiliter celle à qui il doit sans doute sa couronne.
Cinq siècle après sa condamnation pour hérésie par l’évêque Cauchon, l’Eglise catholique fait de Jeanne d’Arc l’une de ses saintes.
1909 : L’Eglise béatifie Jeanne d’Arc.
1920 : L’Eglise canonise Jeanne d’Arc.
1979 : Inauguration de l’église Sainte Jeanne d’Arc sur la place du vieux marché à Rouen.

