Monarchie

Temps Modernes

Naissance
1553
Roi des Francs
1594
Mort
1610

Parents : Jeanne d’Albret et Antoine de Bourbon 

Epouse : Margot, Marie de Médicis

Enfants : Louis XIII

Henri IV

Jeanne est la fille d’Henri Albret, roi de Navarre. Elle a épousé Antoine de Bourbon Vendôme, descendant de Robert de France (1256-1317), (6ème fils de Saint Louis) et fondateur de la maison capétienne des Bourbons. De cette union naîtra Henri de Navarre, le 14 décembre 1553, à Pau. 

Sa mère Jeanne, en tant que Reine de Navarre à la mort de son père, décide de présenter son fils à la Cour de France : Henri n’a alors que 3 ans. Le roi Henri II est immédiatement conquis et lui propose, sous forme de jeu, de devenir son gendre. Ce petit bonhomme ne formerait-il pas un joli couple avec sa fille Marguerite ?    

Seulement voilà, bien plus que l’héritier du royaume de Navarre, c’est le futur chef de l’alliance protestante qu’on est entrain d’allier à la couronne.  Ces noces, qui doivent célébrer la réconciliation de tout un peuple, seront en réalité des noces de sang. Au mariage, célébré le 18 août 1572, succéderont les massacres de la Saint Barthélemy.

Henri de Navarre épouse Marguerite de Valois

Cette union initiée par la reine Catherine devait être un gage de réconciliation entre protestants et catholiques qui se déchirent depuis une dizaine d’années.

En France, le calvinisme (ancetre du protestantisme), fait de plus en plus d’adeptes, surtout dans les villes et chez les gens de bonne classe sociale (médecins, artisans). En 1560, il y a plus de deux millions de protestants et 1200 églises ou lieux de culte.

La célébration du mariage à lieu sur le parvis de Notre Dame de Paris, le 18 aout 1472. Si le cardinal recoit les consentements des époux, Henri « le Huguenot » ne pourra assiter à la bénédiction en raison de ces convictions religieuses. C’est le duc d’Anjou, le futur Henri III, qui conduit sa sœur à l’autel.

Le massacre de la Saint Barthélemy

Cet événement se déroule moins d’une semaine après le mariage entre Henri de Navarre et Marguerite de Valois. Sur fond de rivalité entre protestants et catholiques, les Guises quittent le conseil du roi pour protester non seulement contre ce mariage, mais aussi contre le retour de l’Amiral de Coligny (protestant) au sein même de ce conseil.

La tension monte partout dans le pays et surtout dans la capitale lorsque Coligny échappe de justesse à une tentative d’assassinat le 22 aout 1475. Un vent de panique gagne immédiatement les rues de Paris où vivent un grand nombre de protestants.

Le roi prend position et condamne cet acte, mais dans la rue la colère gronde. Les habitants s’arment et dans la nuit du 23 au 24 aout 1475, sans doute incités par les Guises, le tout Paris s’embrase.  Le Roi, voyant les évènements lui échapper, ordonnera : « Tues les, mais tuez les tous… » ! À mesure que la nouvelle se répand en France, d’autres villes se livrent aux mêmes agissements. On estime le nombre de protestants tués à environ 3 000 dans la capitale et 10 000 en province.

Henri de Navarre échappera au massacre de la Saint Barthélémy. Mais le Béarnais ne sera désormais plus libre de ses mouvements. Pendant près de 4 ans, il va rester prisonnier au Louvre, otage du roi, de la reine-mère et du parti catholique. En 1476, il parvient pourtant à s’enfuir et retourne dans son Béarn natal pour reprendre la tête du parti Huguenot.

Roi de France et de Navarre

Le royaume de navarre se situe dans les pyrénées occidentales. Une partie, proche de l’atlantique deviendra espagnole, une autre partie, plus proche du Béarn, deviendra la possession des « Albret », famille de la mère d’Henri de Bourbon, futur Henri IV.

Ce minuscule territoire marquera l’histoire de France jusqu’en 1830, car tous les rois de France qui vont succéder à notre cher Henri IV vont désormais porter le titre de Roi de France et de Navarre.

L‘accession au trône

Le 10 juin 1584 décède François d’Alençon, le jeune frère de l’actuel roi de France Henri III. Sa disparition provoque quelques tensions, car Henri de Navarre devient du jour au lendemain le nouvel héritier de la couronne de France. Et cette perspective ne convient pas au clan des ultra catholiques mené par le Duc de Guise.

Aussi lorsqu’en 1589, Henri III agonisant sur son lit de mort, demandera à son entourage de reconnaitre Henri de Navarre comme son successeur, l’accession au trône ne se fera pas aussi facilement. La ligue catholique refuse de reconnaitre un protestant comme nouveau souverain. Henri de Navarre comprend rapidement qu’il n’a pas le choix, s’il souhaite réussir là où Catherine de Médicis à échouer et mettre fin aux Guerres de Religion qui ensanglantent la France depuis 30 ans. Il lui faut montrer l’exemple.

Le 25 juillet 1593, Henri de Navarre prononcera la phrase suivante : « Paris vaut bien une messe » et abjure officiellement la religion protestante. Il se fera sacrer à la cathédrale de chartres (Reims étant toujours sous l’emprise des Guises) avec l’absolution du Pape Clément VIII.

Cette accession au trône devenait d’autant plus urgente que l’Espagne catholique menaçait d’entrer dans le conflit aux cotés des Guises. Henri IV, roi de France et de Navarre, va maintenant pouvoir régner et œuvrer pour la réunification. Et rien de tel pour ça, qu’une bonne petite guerre. 

L’édit de Nantes

En janvier 1595, la déclaration de guerre à l’Espagne lui permet de rassembler catholiques et protestants sous la même bannière. Philippe II d’Espagne étant vaincu, le moment est venu de mettre fin à la guerre civile entre les deux camps. 

Avec l’Édit de Nantes, signé le 13 avril 1598, Henri IV réalise la pacification religieuse du royaume. Il parvient à accorder de nombreux privilèges aux protestants et à les faire accepter de tous.

Il s’agit maintenant de reconstituer l’intégrité du domaine royale, de relancer l’économie et assainir les finances.

Le Duc de Sully

De son vrai nom : Maximilien de Béthune, Sully échappe lui aussi aux tueries de la Saint Barthélemy en 1472, Il avait alors 12 ans. Quelques temps après cette nuit dramatique, il rencontre le jeune Henri de Navarre, le futur roi de France, alors âgé de 19 ans. Plus rien ne les séparera. 

Quand Henri IV est couronné roi de France, Maximilien devient son plus fidèle soutien et sera nommé au Conseil des Finances, avant de devenir surintendant du royaume de France. 

La politique de Sully n’est pas nouvelle, il met l’accent sur l’agriculture (« Labourage et paturage, sont les deux mamelles de la France ») et l’amélioration des voies de communication. 

A la mort du roi, il sera tout doucement écarté des décisions du royaume par la régente Marie de Médicis. Il démissionnera le 26 janvier 1611 pour se retirer sur ses terres de Sully sur Loire.

Champlain fonde la colonie de Quebec

Le 3 juillet 1608, Samuel Champlain fonde la ville de Québec. Ce n’est alors qu’un modeste établissement commercial qui, peu à peu, deviendra le foyer de la civilisation française en Amérique du Nord. Au bord du Saint Laurent, la cité devient le point de départ de nombreuses expéditions et des voies de pénétration vers les grands lacs. Lors de ses précédentes expéditions, Samuel Champlain a soigneusement préparé le terrain, nouant de bonnes relations avec les Indiens, surtout avec les Algonquins et les Hurons, qu’il soutiendra ensuite contre les Iroquois.

Marie de Médicis

Son union avec Marguerite de Valois étant restée stérile et face aux écarts de conduite de la reine, Henri IV obtient l’annulation de leur mariage en 1599 par le pape Clément VIII. 

Il épousera, le 27 septembre 1601, Marie de Médicis, avec qui il aura 6 enfants dont le futur Louis XIII. Reine de France de par son mariage, elle ne sera pourtant couronnée que le 13 mai 1610. Le lendemain, Henri IV sera assassiné, ce qui soulève d’emblée les soupçons d’une conspiration. 

 

Toujours est-il qu’avec la naissance de leur premier fils, la succession au trône est enfin assurée et la continuité dynastique également. Le peuple est en liesse et les cloches sonnent à toute volée, on n’avait pas vu de Dauphin en France, depuis 40 ans.

Assassiné par Ravaillac

En tant qu’ancien protestant, Henri IV a toujours vécu sous la menace d’ultra catholique. Les tentatives d’assinat sont fréquentes, mais la 18ème lui sera fatale. 

Nous sommes le 14 mai 1610 lorsque l’évènment ce produit. Au début de l’après-midi, Henri IV décide de quitter le palais du Louvre pour aller voir Sully, son vieux compagnon et ministre, malade qui habite à l’Arsenal près de la forteresse de la Bastille. On prendra un carrosse ouvert, car il fait très chaud… ! 

Il ne manquait plus que les encombrements dans les rues de Paris pour que le projet de Ravaillac se réalise.  Ce catholique fanatique va poignarder le roi à deux reprises. On baisse les rideaux et le carrosse fonce vers le Louvre. On fait croire à une simple blessure. Mais le bon roi Henri a cessé de vivre. 

Ravaillac, avant de subir le supplice de l’écartellement, reconnaîtra toujours avoir agi seul, même si l’on a pensé que le régicide avait été commandité par la Maison d’Autriche ou celle d’Espagne. Toutefois, la mort d’Henri IV plonge le pays dans l’embarras : son fils Louis XIII n’a que 9 ans. La reine mère, Marie de Médicis, se fait confirmer son rôle de régente par le Parlement. 

« Le royaume tombe en d’étranges mains », proclame Sully. Mais grace à lui, la France est à nouveau prospère.