Monarchie

Temps Modernes

Naissance
1638
Roi des Francs
1654
Mort
1715

Parents : Louis XIII et Anne d’Autriche

Epouse : Marie Thérèse d’Autriche (infante d’Espagne), Marie Adélaide de Savoie

Enfants : Le Grand Dauphin

Petits enfants : Louis (Bourgogne), Philippe V (Roi d’Espagne), Charles (Berry), etc.

Arrière petit enfant : Louis XV

Louis XIV

Louis XIII et Anne d’Autriche attendaient la naissance de leur premier enfant depuis plus de vingt ans. Son arrivée quasi inespérée, lui vaudra le surnom de Dieudonné.

Né le 05 septembre 1638 à Saint Germain en Laye, en pleine guerre de Trente ans (1618-1648), Louis XIV fera de son règne le plus long de l’Histoire de France. Il poussera l’absolutisme à son apogée et fera construire le château de Versailles qui rayonnera à travers toute l’Europe.

La Régence

En 1643, Louis a 5 ans lorsque son père décède. Trop jeune pour diriger le pays, la régence est confiée à sa mère Anne d’Autriche qui nomme aussitôt le cardinal de Mazarin comme principal ministre pour diriger les affaires du royaume. Elle lui confiera également l’éducation du jeune prince.

Mazarin deviendra son parrain et exercera une influence considérable sur son pupille. Il lui transmettra son goût pour l’art et l’initiera très tôt aux questions militaires, politiques et diplomatiques.

La fronde

Cependant, l’enfance de Louis XIV ne pouvait se dérouler plus mal. Le pays qui mène des guerres extérieures contre les Habsbourg (les princes allemands), nécessite d’accroître les impôts.

Il n’en fallait pas plus pour que les parlementaires se révoltent, entrainant avec eux une partie de la noblesse. Ils feront valoir le luxe dans lequel se complaît la Cour pour influencer les habitants et les rallier à leur cause.

Paris connaît alors une longue période de Fronde (1648-1653) qui va aller jusqu’à obliger la famille royale à quitter dans l’urgence la capitale pour Saint-Germain-en-Laye, en janvier 1649.

En 1651, la proclamation officielle de la majorité du roi va changer la donne. Désormais, les atteintes au roi deviennent des « crimes lèse-majesté ». C’est un message clair envoyé tout particulièrement à son oncle Gaston d’Orléans et au Prince de Condé qui cherchaient ouvertement à s’emparer de la régence. Aussi, pour calmer les ardeurs des gentilshommes frondeurs, Louis XIV leur a promis la tenue des états généraux dès le lendemain de sa majorité.

En 1652, la famille royale retrouve ses appartements parisiens, mais le jeune Roi reste profondément marqué par cette révolte causée par la trahison des Princes. Il comprend très vite qu’un roi n’est pas fait que pour régner, mais également pour gouverner. Et dans sa conception de la gouvernance, l’autorité monarchique ne peut pas se partager avec les nobles. C’est le début de son penchant pour l’absolutisme.

Le 7 juin 1654, Louis XIV est sacré à Reims. Et même s’il s’y intéresse de plus en plus, il préfère laisser les affaires du royaume aux mains de Mazarin. Pendant ce temps, il parfait sa formation militaire auprès de Turenne.

Le traité de Westphalie 

L’Europe est usée par trois décennies de conflits politiques et religieux. Les campagnes sont dévastées et les populations décimées…et puis les caisses sont vides !

Le traité de Westphalie, signé en 1648, met fin à la guerre de Trente ans. Il affirme la suprématie des Bourbons sur les princes allemands de Habsbourg, renforce la frontière française au nord-est avec la possession des Trois Evêchés (Metz, Toul et Verdun) ainsi qu’une majeure partie de l’Alsace, (sauf 

Strasbourg et Mulhouse). Ce traité dessine la carte de l’Europe pour près d’un siècle et demi. Reste à régler maintenant, la guerre entre la France et l’Espagne qui ne prendra fin qu’une dizaine d’années plus tard, en 1659, avec le traité des Pyrénées.

Le traité des Pyrénées 

Si à l’Est du pays, le traité de Westphalie met un terme à la guerre de Trente ans avec les Habsbourg, au Sud du pays, la guerre avec l’Espagne s’éternise.

Ce conflit, dont les dépenses militaires ne cessent de peser sur les finances des deux nations, ne se réglera pas par les armes. Aussi, Mazarin propose que les deux pays se réconcilient par le mariage du Roi de France avec sa cousine : l’infante Marie Thérèse d’Autriche, fille du roi Philippe IV d’Espagne.

Les conditions de cette union, longuement négociées, se concrétisera par le Traité des Pyrénées (1659) qui offrira à la France l’Artois et le Roussillon, ainsi qu’une dote de 500 000 écus d’or. Somme que l’Espagne ne pourra pas payer, mais qui servira de moyen de pression dans la politique extérieure française.

Ce mariage, bien que consanguin, sera célébré le 9 juin 1660 à Saint Jean de Luz. Il est considéré encore aujourd’hui comme un chef d’œuvre diplomatique, imaginé par Mazarin.

L’Etat, c’est Moi !

Lorsque Mazarin meurt en mars 1661, Louis XIV décide de régner seul et le fait savoir à ses ministres en ces termes :

« Le cardinal de Mazarin est mort, Messieurs les Ministres, c’est à moi que vous vous adresserez désormais. Je veux à l’avenir gouverner moi-même mon royaume. Je ne veux point de Premier Ministre, je me servirai de ceux qui ont des charges pour agir sous moi selon leurs fonctions et, s’il arrive que j’aie besoin de vos conseils, je vous en demanderai ».

Mais cette décision de centraliser le pouvoir, ne l’empêche pas de s’appuyer sur des hommes de confiances, comme Colbert, Louvois ou encore Vauban.

Il se lancera dans de grandes réformes visant à renforcer le pouvoir de l’État et met en place la Monarchie absolue de droit divin. Du matin au soir, son obsession sera de faire briller son image, celui de la Cour et de la France. Mais, à côté de cela, Louis XIV se souciera assez peu des conditions de vie de son peuple.

Le château de Versailles

Depuis son enfance, Louis XIV s’est toujours passionné pour l’art et la culture. Il mettra en place un véritable mécénat culturel et créera diverses académies (sculpture, peinture, architectures, etc.). Beau nombre d’artistes vivront sous sa protection, tels que Lully, Molière, Le Notre ou encore Le Brun…  Paris devient la capitale culturelle du royaume.

Mais Paris et le Louvre ne lui convenait pas. Depuis la révolte des princes et l’épisode de La Fronde, le Roi se méfie du peuple parisien, bien trop lunatique à son gout. Il décide de bâtir un nouveau palais à Versailles.

Entamé par Louis XIII, cette demeure devait rester un petit château de gentilhomme, un rendez-vous de chasse, sur les terres marécageuses de Versailles. Louis XIV le fera agrandir.

Différents architectes se succéderont pour construire ce qui allait devenir une véritable ville, une seconde capitale. Les travaux durèrent quarante ans, mais à partir de 1682, Versailles deviendra la résidence officielle du roi et sa cour.

La cour vit à Versailles, dans un luxe inégalé, dans un tourbillon de fêtes et de plaisirs, mais obéissant à une étiquette particulièrement rigide, ponctuée par l’emploi du temps du roi. Les courtisans assistent au lever, aux repas, au coucher du Roi-Soleil. L’approcher et être vu par le roi devient la préoccupation essentielle de la Cour.

Le Roi soleil s’éteint

Si la France rayonnait à travers toute l’Europe, autant par le faste de Versailles que par ses conquêtes militaires, il n’en reste pas moins que la grandeur du roi n’a pas toujours été irréprochable. Les défaites militaires, les famines et les dépenses de la Cour, ont affaibli le royaume.

Le souverain aux 15 maitresses et au moins autant de « bâtards » a régné par l’absolutisme comme personne avant lui. Au nom de Dieu, il relancera la chasse au protestant après avoir révoqué l’Édit de Nantes pourtant chèrement acquis par son grand-père : Henri IV.

Les dernières années du règne de Louis XIV furent assombries par des deuils à répétition : son fils le Grand Dauphin, sa femme Marie-Thérèse, son petit fils le duc de Bourgogne et son frère qu’on appelait Monsieur. Il ne reste comme héritier direct qu’un arrière petit-fils de Louis XIV, Louis d’Anjou âgé de cinq ans à peine.

Après plusieurs jours d’agonie, Louis XIV meurt le 1er septembre 1715 dans son château de Versailles, à la veille de ses 77 ans et après plus de 60 ans de règne. Sa longévité paraît exceptionnelle, voire miraculeuse, à une époque où les vieillards ont 50 ans.