Monarchie

Temps Modernes

Naissance
1754
Roi des Francs
1775
Mort
1793

Parents : Louis Ferdinand le Dauphin et Marie Joseph de Saxe

Epouse : Marie Antoinette d’Autriche

Enfants : Louis XII, présumé mort à la prison du Temple en 1795 à l’âge de 10 ans

Louis XVI

Comme son prédécesseur, Louis XVI n’était pas destiné à régner et par conséquent ne s’intéressait guère à l’exercice du pouvoir. Il ne doit son rang d’héritier direct que parce que ses deux frères ainés et son père décèderont avant lui. Son règne est marqué par l’avènement de la Révolution française et la fin de l’absolutisme.

Lorsqu’il devient roi à la mort de Louis XV (son grand père), il se retrouve à la tête d’un royaume en grande difficultés. En 1789, pour résoudre une grave crise financière, il convoque les États Généraux au Château de Versailles. Et c’est sous la pression du peuple, quelques temps plus tard, qu’il devra le quitter avec sa femme Marie-Antoinette, avant d’être guillotiné en 1793.

Duc de Berry

C’est le titre que portait Louis XVI avant dêtre proclamé roi de France. Sa naissance, le 23 août 1754, ne sera que modestement feté par la cour, car ses parents portent encore le deuil de leur deuxième fils qui est décédé de la coqueluche au mois de février.

À l’image de cette naissance effacée, Louis grandira dans l’ombre de son grand frère : le duc de Bourgogne, dauphin brillant, capricieux et autoritaire qui accapare tout l’amour de ses parents. Tout destinait, en effet, le duc de Bourgogne à être roi, mais ce dernier décèdera en 1761.

Le duc de Berry devient ainsi, à l’âge de 7 ans et un peu par la force des choses, l’héritier direct du trône juste après son père. Pesonne ne pouvait alors s’imaginer que ce dernier décèderait 4 ans plus tard, atteint d’une tuberculose à 36 ans. Le souci, c’est qu’en tant que 3ème enfant, Louis n’a pas été préparer à devenir roi. Son grand père, le roi Louis XV, ne s’est jamais soucié de l’éducation politique du jeune Louis, car personne se pouvait se douter qu’il deveindrait soudain le nouveau dauphin de la couronne.

Le Dauphin épouse Marie Antoinette et devient Roi

Le 16 mai 1770, le Dauphin Louis Auguste (futur Louis XVI) épouse l’archiduchesse autrichienne Marie-Antoinette, ils ont alors 15 et 14 quatorze ans. Mais sa timidité, son éducation pieuse et le manque d’affection parental durant son enfance feront de Louis un mari distant. Ils n’auront d’ailleurs leur premier enfant qu’en 1778.

Pendant ce temps, sa jeune épouse a du mal à prendre ses marques, à se faire à l’ambiance très rigide de la Cour de France et à accepter que son mari l’évite. Elle passera son temps à s’étourdir dans les fêtes et les nombreuses dépenses pour satisfaire ces plaisirs ne font pas une bonne réputation à la dauphine, qui une fois devenue reine ne changera rien à ses habitudes.

Le règne de Louis XVI 

Sacré le 10 mai 1774, Louis Auguste devient Louis XVI, roi de France et de Navarre. Souhaitant rompre avec les habitudes de débauche de la Cour, ce roi gagne la sympathie et l’affection du peuple durant les premières années de son règne. 

Il s’entoure de ministres compétents, tel que Turgot aux finances ou encore Malesherbes. Il sera un roi réformateur et cherchera à abolir certains privilèges, mais il n’arrivera pas à aller au bout de ces réformes. Il se heurte très vite à l’opposition aristocratique. Sous la pression de la Cour et du clergé, il fait marche arrière et donnera l’image d’un roi faible. 

Dans le même temps, il décide de rappeler le Parlement qui va prendre une part de plus en plus importante dans les décisions du pays. Mais, les premières difficultés de ce nouveau régime apparaissent. Certains ministres sont renvoyés ou démissionnent, plongeant le pays dans une situation attentiste, les réformes dont a besoin le pays ne se font. Et la suite ne sera qu’une longue descente aux enfers.

LA RÉVOLUTION EST EN MARCHE

A l’aube de la Révolution, les finances de la France sont au plus mal. Le pays est pris à la gorge, le peuple a faim et gronde.  La nécessité de mener une réforme fiscale devient indispensable.

Le 5 mai 1789, les États généraux sont convoqués à Versailles dans l’espoir que l’ensemble des acteurs s’accordent sur cette réforme. Cette assemblée qui rassemblent les membres des trois ordres de la société de l’Ancien Régime : la noblesse 270 élus, le clergé 291 élus et le tiers état 578 élus, ne s’était plus réunie depuis 175 ans. On peut aisément imaginer les tensions et les attentes de cette grande messe.

Le 17 juin, face aux réticences, aux hésitations, aux vétos du clergé et de la noblesse et le manque de courage politique de Louis XVI, les députés du Tiers État (majoritaires) se proclament « Assemblée nationale« . La monarchie absolue de droit divin disparaît et les droits seigneuriaux sont abolis par les députés. La révolution est en marche.

Le 9 juillet, la misère et l’agitation gagne toute la population. Devant l’urgence de la situation, l’Assemblée Nationale se proclame Assemblée Constituante. Cela signifie qu’elle est désormais habilitée à réorganiser l’Etat et le pays. Cette décision est lourde de sens puisque le pouvoir échappe désormais au roi.

Le 14 juillet, craignant une riposte de la royauté, les parisiens se soulèvent et prennent la Bastille symbole de l’absolutisme. Mais également, pace qu’ils pensaient y trouver des armes et tout un arsenal pour se défendre.

Des révoltes éclatent dans la plupart des provinces. Les paysans, qui ne supportent plus d’être lourdement et injustement imposés, incendient les châteaux et les abbayes. L’Assemblée Constituante, prise de court devant l’ampleur des évènements, se doit de prendre des mesures urgentes afin de mettre un terme à ces désordres.

Au cours de la nuit du 3 au 4 août, elle déclare : l’abolition des privilèges. En quelques heures, tous les droits féodaux sont tombés. C’est la fin de l’Ancien Régime.

Mais ces décisons ne changent rien au quotidien des français. La disette frappe, le prix de la farine augmente insupportablement et donc ce lui du pain également. Devant le faste de la cour qui ne manque de rien, le peuple décide de se rendre à Versailles.

Les 5 et 6 octobre 1789, une nouvelle émeute éclate. Emmenés par les femmes, les Parisiens contraignent Louis XVI à quitter Versailles, symbole de la royauté et de venir s’installer à Paris pour vivre comme eux. Les femmes scanderont à tue-tête : « Nous ramenons le boulanger, la boulangère et le petit mitron ! »

Cet équilibre entre le quotidien des parisiens et celui de la famille royale est maintenu pendant presque deux ans, mais dans la nuit du 20 au 21 juin 1791, le roi commet l’irréparable en tentant de fuir la capitale. 

L’odyssée de Louis en fuite à Varennes 

Deux ans après la Révolution, la situation de Louis XVI est de plus en plus critique. Retenu prisonnier au palais des Tuileries avec sa famille, il décide de s’enfuir. Son objectif : gagner l’est de la France, pour franchir la frontière et tenter de se réfugier en Autriche, la Patrie de Marie-Antoinette. 

Le 20 juin 1791 à minuit, des ombres déguisés en marchands quittent les Tuileries où un cocher les attends. Il s’agit du roi, de la la reine, madame Elisabeth sœur du roi, madame de Tourzel, la gouvernante, le dauphin et sa sœur. 

Vers 14h30, ils sont aux portes de Chalons où ils sont reconnus par le maître de poste qui ne dit rien. A 16h30, le lourd véhicule sort de Chalons et prend la route de Metz. A l’étape suivante de Sainte Menehould, le bruit se répand comme une traînée de poudre. A Varennes, après avoir déjà parcouru de nombreux kilomètres vers la liberté, les fuyards sont arrêtés.

La fuite du roi a créé une immense émotion et provoque un violent débat à l’assemblée quant au sort du roi. Danton, figure incontournable de la Révolution française, déclare : « L’individu royal ne peut plus être roi« , et réclame sa déchéance et la République. Le roi sera placé « sous surveillance du peuple » au palais des Tuileries.

Louis XVI jure fidélité à la constitution 

Apres l’arrestation de Louis XVI et de sa famille, le voilà suspendu de ses fonctions. Le 13 septembre 1791 l’assemblée constituante soumet au roi le texte de la Constitution, qui introduit la séparation des pouvoirs. Il n’est plus le Roi de France, mais devient roi des français. Ce changement de titre symbolise le transfert de la souveraineté vers le peuple. 

Le Roi conserve tout de même le droit de nommer les ministres, les hauts fonctionnaires et les chefs militaires. Représentant de la nation toute entière à l’étranger, le roi va aussi partager avec l’Assemblée le pouvoir de signer la paix ou de déclencher la guerre. Autre de ses prérogatives, il dispose d’un droit de veto…dont il va allègrement abuser.

La France révolutionnaire déclare la guerre à l’Autriche 

Depuis l’arrestation du roi à Varennes, l’empereur Léopold II, frère de Marie Antoinette, multiplie les déclarations et les rencontres avec ses alliés pour intimider les révolutionaires. Il se dit prets à intervenir par la force s’il le faut pour que le roi de France puisse retrouver son trône et ses fonctions.  

En France ce soutien de l’Autriche a pour conséquence l’effet inverse de celui attendu. Il va enflammer l’opinion révolutionnaire et renforcer le sentiment national. Le 20 avril 1792, la France déclare la guerre au « roi de Hongrie et de Bohême », l’empereur François II d’Autriche. Louis XVI, lui-même soutien ce projet. Il faut dire qu’il espère bien une victoire autrichienne.

La patrie en danger

Les élus de la Nation ont pris la lourde responsabilité d’engager la France dans un conflit pour lequel elle n’est pas prête, et dans une conjoncture économique défavorable.

La situation devient vite catastrophique. Sur le front Est, l’armée prussienne progresse en Lorraine et ne compte pas s’arreter en si bon chemin. Craignant de ne pouvoir contenir un ennemi nombreux et bien organisé, l’Assemblée Législative déclare « la patrie en danger ». Cet appel à la mobilisation populaire ravive l’enthousiasme belliqueux et le sentiment national des patriotes. Quelques 15 000 volontaires vont accourir de toutes les régions de France, prêts à prendre les armes contre les puissances étrangères et à défendre les acquis de la Révolution.

Les bataillons de Marseille et de Bretagne sont parmi les plus déterminés. Les premiers auraient accompli le trajet jusqu’à la capitale sans cesser de chanter Le Chant de guerre pour l’armée du Rhin. Cet hymne composé par Rouget de L’Isle, qui deviendra bientôt La Marseillaise, est aussitôt repris par les Parisiens venus les accueillir.

Le Roi est condamné à mort

Dans ce contexte de guerre, l’hostilité du peuple à l’encontre du roi grandit. Louis tente de gagner du temps et use de son droit de véto pour empecher le travail de l’assemblée.

Le 10 août 1792, le peuple de Paris, échauffés et furieux, exige la déchéance de ce roi devenu génant et marche sur le palais des Tuileries pour l’arrêter. Louis XVI est emprisonné à la prison du Temple avec sa famille.

Le pouvoir est alors détenu par la Convention nationale, qui déclare le 21 septembre l’abolition de la royauté en France. C’est le début de la République.

Le procès de l’ancien roi, désormais simple « Citoyen Capet », s’ouvre le 11 décembre 1792 et il est reconnu coupable de « conspiration contre la liberté publique et la sûreté générale de l’État » le 15 janvier 1793. Son exécution publique sur l’actuelle place de la Concorde a lieu le 21 janvier. Marie Antoinette connaitra le même sort au début de l’été.

Après l’exécution de Louis XVI, la France entre dans une période trouble où les assemblées vont se succéder jusqu’en 1795 où une nouvelle constitution donne naissance au Directoire. Le pouvoir est désormais exercé par cinq directeurs.

Quatre ans plus tard, le 18 brumaire an VIII (9 novembre 1799), Napoléon Bonaparte s’immisce lors d’une séance du Conseil des Cinq-Cents réunie à Saint-Cloud et prend le pouvoir à l’aide de son frère Lucien Bonaparte et de la complicité d’un des cinq directeurs, Emmanuel-Joseph Sieyès. Le lendemain, naît le Consulat. La France ouvre une nouvelle page de son histoire. Elle sera mouvementée.