Renaissance
Temps Modernes
Naissance
1551
Roi des Francs
1575
Mort
1589
Parents : Henri II et Catherine de Médicics
Epouse : Louise de Lorraine
Henri III
Troisième fils d’Henri II et probablement le préféré de Catherine de Médicis. Il porte à sa naissance le prénom d’Alexandre-Édouard, avant de prendre le prénom : Henri, à l’âge de 8 ans, en hommage à son père qui décède brutalement.
Personne ne pouvait savoir qu’il serait lui aussi roi, du moins ce n’était pas prévu. C’est pourquoi, il s’investit au service de la couronne d’une autre manière et devient lieutenant général du royaume. En tant que chef des armées, il va faire son apprentissage directement sur les champs de bataille pendant la guerre entre catholiques et protestants qui enflamme tout le pays.
Cependant, un événement inattendu se produit. En plein siège de La Rochelle en 1573, il apprend qu’il vient d’être élu roi de Pologne. Il devra tout abandonner, y compris son amour de toujours : la belle Marie de Clèves.
Roi de Pologne
En 1573, le roi de Pologne Sigismond-Auguste meurt et la succession dans ce pays se fait par élection. C’est à l’initiative de sa mère Catherine de Médicis, qui a toujours cherché à mette en avant les intérêts de son fils préféré, que la candidature d’Henri a été retenue.
Henri III se voit donc élu malgré lui à la tête d’un pays dont il ignore tout. Il sera reçu avec tous les honneurs, mais cette nouvelle vie de lui plaira pas. Ne comprenant ni le latin ni les coutumes de ce pays, il est contraint de partager le pouvoir avec la noblesse qui exerce quasiment seule l’exécutif et le législatif.
Le 14 juin 1474, un courrier envoyé par sa mère lui annonce la mort de son frère Charles IX. Maîtrisant son émotion, il ne change rien à ses habitudes et quatre jours plus tard, il s’enfuit en pleine nuit de son château de Cracovie, abandonnant un trône qu’il n’a jamais désiré.
Henri s’apprête à porter sa deuxième couronne, pour 15 années de guerre et de déchirements qui mettront la France à feu et à sang.
Un sacre et un mariage
En quittant la France pour Cracovie, le cortège royal fait une halte chez le Duc de Lorraine. Lors de cette escale, Henri remarque au milieu de l’assemblée une jeune princesse : Louise de Lorraine. Mais le lendemain, le roi se remet en route pour la Pologne.
Lorsque deux ans plus tard, Henri rentre en France pour se faire couronner, il se souvient de la douce et modeste jeune fille rencontrée « En passant par la Lorraine ». Marie de Clèves étant décédée entre temps, il fait savoir au duc de Lorraine qu’il souhaite épouser sa fille.
Le 13 février 1575, Henri III est sacré roi à Reims sous le nom d’Henri III. Deux jours plus tard, il se marie avec Louise de Lorraine. Son mariage et l’amour sincère qu’il eut toute sa vie pour sa femme n’effaça pas l’une de ses plus grandes tares : sa féminité. Il aimait porter des bijoux, se parfumait beaucoup et s’habillait parfois en femme.
La guerre des trois Henri
L’incessante guerre de religion reprend entre « Les guises », défenseurs de la cause catholique et Henri de Navarre, beau-frère du roi et chef de l’union calviniste. Sur le conseil de son entourage, Henri III accepte en 1576 la « Paix de Monsieur » proposée par son jeune frère :le duc d’Alençon (…et oui, ils étaient 10 frères et sœurs).
Mais cette Paix est jugée trop favorable aux protestants et suscite la création de la Sainte Ligue catholique, avec Henri de Guise à sa tête pour faire pression sur le roi. En 1577, une renégociation de cette paix débouchera sur une trêve de 7 ans entre les deux clans.
Le 10 juin 1584 marque un nouveau tournant : François d’Alençon, dit « Monsieur » et frère du roi décède. Avec cette disparition, Henri de Navarre devient l’héritier présomptif de la couronne de France. L’éventualité de voir un roi non catholique à la tête du royaume révulse le parti des Guises qui critique ouvertement le manque de détermination du roi et obtient le soutien de la population. Ce sera la guerre des trois Henri :
- Henri III : le roi de France, dont la souveraineté est de plus en plus contestée, car trop proche des protestants.
- Henri de Navarre : devenu héritier légitime, chef de file des réformés et beau-frère du roi
- Henri de guise : chef des ultras catholiques
En plus de leur prénom, ils ont tous un point commun, ils vont tous les 3 mourir assassinés.
La journée des barricades : 12 mai 1588
Les tensions montent d’un cran lorsque, fin 1585, le pape Sixte Quint excommunie le roi de Navarre et le prince de Condé. Les deux chefs du parti huguenot sont déclarés « hérétiques et relaps » et le futur Henri IV est déchu de ses droits à la Couronne de France.
A partir de là, c’est l’escalade : en réponse à cette annonce, Henri de Navarre confisque tous les biens des catholiques dans son royaume. Henri de Guise, de son côté, souhaite l’instauration de l’Inquisition et l’exécution de tous les prisonniers huguenots qui refusent la conversion.
Inquiet de la tournure que les événements pourraient prendre et craignant, non sans raison d’être assassiné,le Roi fait venir 4000 Suisses en armes et de 2000 gardes Français. Mais, très vite, dans Paris, le bruit court qu’ils sont là pour assassiner les catholiques.
La foule devient incontrôlable, les parisiens occupent les rues et barricadent les grands axes. Henri III n’a plus sa place à Paris et préfère quitter le Louvre dès le 13 mai pour s’installer à Tours. Le Duc de Guise est maitre de la capitale
Assassinat du Duc de Guise
Cette journée des barricades marque la rupture définitive d’Henri III avec la Ligue catholique et son leader : le duc de Guise, qui ne cache plus ses ambitions de prétendant au trône.
Pour mettre un terme à son ascension et retrouver la paix, le roi de France charge des membres de sa garde personnelle : « les quarante-cinq », de l’abattre. Ce sera chose faite le 23 décembre 1588. Mais, l’assassinat du duc de Guise n’a pas eu l’effet escompté. Au contraire, il cristallisa la haine des Ligueurs et Paris entre en rébellion.
Assassinat d’Henri III
Le roi de France n’a plus d’autre choix, s’il souhaite sauver la monarchie et reconquérir Paris, il doit reprendre Paris. Avec son beau-frère : Henri de Navarre, ils unissent leurs forces pour gagner la capitale. Mais la ville rebelle est plus que jamais hostile au souverain. Plus de 45 000 habitants défendent les remparts autrefois construits par Charles V.
L’armée du roi gagne du terrain, elle est bientôt sur le point de rentrer dans Paris. C’est au soir du 1er aout 1589, qu’il accepte de recevoir un moine dominicain : Jacques Clément, qui le blessera d’un coup de poignard au bas ventre.
Le roi est évacué, mais ses heures sont comptées. Il fait venir Henri de Navarre à son chevet et lui confie : « Voyez mon frère comme vos ennemis et les miens m’ont traité ; il faut que vous preniez garde qu’ils ne vous en fassent autant ».
Aussi, Henri III invite les gentilshommes présents à reconnaître Henri de Navarre comme son successeur. « Je vous prie comme mes amis et vous ordonne comme roi, que vous reconnaissiez après ma mort mon frère que voilà, que vous ayez la même affection et fidélité pour lui que vous avez toujours eue pour moi et que vous lui prêtiez serment en ma présence ».
Henri III meurt le 2 aout 1589 et avec lui s’éteint la maison de Valois.