Le Catharisme désigne l’ensemble des mouvements religieux du sud-ouest de la France qui s’opposent au christianisme. Mais l’origine de ce mouvement en France est surtout à chercher dans ce qui séparent deux Frances à cette époque. En effet, le sud-ouest de la France est une région bien différente de celle du nord de la Loire. On y parle la langue d’oc, alors qu’au-dessus de la Loire on parle la langue d’oïl. Les troubadours, poètes et musiciens, se déplacent de château en château pour chanter l’amour, l’honneur, mais aussi la liberté de penser et la négation du droit du plus fort. Alors qu’en Île de France, le roi se bat à cheval et s’impose de diverses manières à ses vassaux récalcitrants.

La civilisation occitane

Cette région a gardé intacte les souvenirs de la civilisation romaine (païenne), avec ses règles, ses lois et ses codes qui limitent le pouvoir des Grands vis-à-vis de ses vassaux. Les habitants élisent des « consuls » qui discutent d’égal à égal avec les seigneurs dont ils dépendent. Plus libres, les villes du Midi sont aussi les plus accueillantes aux idées étrangères : leur importante activité commerciale (Toulouse est la troisième ville d’Europe) les met en relation avec de nombreux pays.

Une relation à Dieu plus pure

C’est donc dans ce contexte que va se répandre ce mouvement religieux qui prêche pour une plus grande simplicité dans la relation des hommes avec Dieu, loin du faste et du luxe dans lequel le catholicisme s’est engouffré. (Cathare tire son nom du terme grec catharos, qui signifie pur). Ils revendiquent une religion plus proche de la chrétienté primitive respectant l’idéal de vie et de pauvreté du Christ.

La croisade contre les albigeois

Pour les cathares, qu’on appelle aussi albigeois (de la région d’Albi), la lutte contre le catholicisme était devenue un devoir, une raison de vivre ou de mourir d’ailleurs. Ils iront jusqu’à défier le roi de France et le Pape. Pour la royauté, les cathares sont considérés comme hérétiques. Le conflit entre ces deux Frances semble petit à petit inévitable et débouchera sur la guerre Sainte contre les Albigeois en 1206.

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