Les Carolingiens
Moyen Age
Naissance
823
Roi des Francs
840
Mort
877
Parents : Louis le Pieux et Judith de Bavière
Epouse : Richilde
Enfants : Louis le Bègue
Charles II le Chauve
Le serment de Strasbourg
A la mort de Louis le Pieux, le 20 juin 840, Lothaire Ier se comporte comme l’unique héritier de la couronne impériale, ce qui n’est pas entièrement faux. Mais, ses deux frères, Louis le Germanique et Charles le Chauve, ne l’entendent pas de cette oreille et décident d’unir leurs forces pour contrer Lothaire. Cette union est officialisée à Strasbourg le 14 février 842.
Indépendamment de sa portée politique, le serment de Strasbourg est totalement inédit pour l’époque. Pour la première fois, des souverains ne prêtent pas serment en latin (plus personne ne le comprend), mais en langue vulgaire pour être bien compris de leurs hommes. Ainsi, il sera prononcé en Allemand (langue tudesque) pour les hommes de Louis le Germanique et en Français (langue romane) pour le peuple de Charles le chauve. (Le texte de ce serment est le plus ancien témoignage connu des origines des langues française et allemande).
Le 15 juin 842, Lothaire s’avoue vaincu. Les trois frères se jurent « une paix perpétuelle » et acceptent que l’héritage de Louis le Pieux soit partagé en trois parts égales.
Le Traité de Verdun
Pendant ce temps, au nord, les Normands poursuivent leur avancée, pillant ports, villes et monastères. Au Sud, les Maures ravagent la Provence et une partie de l’Italie méridionale. A l’est, en Germanie, les Saxons infligent de sérieux revers à Louis. A l’ouest, les Aquitains viennent de conclure avec les Bretons une alliance contre Charles. L’empire menacé de toutes parts, il devient urgent de régler une fois pour toutes les querelles entre les trois frères.
En août 843, la signature du traité de Verdun va officialiser le partage du vaste Empire de Charlemagne entre ses trois arrière petits fils :
- Charles le Chauve conserve un territoire correspondant à peu près à la Gaule de Clovis et sera baptisé : Francie occidentale.
- Louis le Germanique reçoit toute la partie orientale de l’empire, appelée Francie orientale. Ce territoire comprend la Saxe, l’Austrasie, l’Alémanie et la Bavière, préfiguration de ce que sera bien plus tard l’Allemagne.
- Lothaire, quant à lui, conserve son titre d’Empereur. Son empire, coincé entre les royaumes de ses deux frères, s’étend de la mer du Nord à la Méditerranée et conserve les deux capitales que sont alors Rome et Aix la Chapelle.
Pour la première fois, dans un texte officiel, le terme de Gallia est remplacé par Francie Occidentalis(qui donnera plus tard : la France). Quant à la Francie Orientalis, elle apparaît dans le traité sous le nom de Germanie. L’empire carolingien n’existe plus, mais à la différence l’empire romain à l’époque, son démantèlement est la conséquence du partage entre les différents enfants (fils) de la dynastie. A partir de 987, le système de primogéniture (l’héritage revenant dans son intégralité au premier né), réglera la question de la succession.
Robert le Fort
Charles le Chauve est confronté à plusieurs problèmes à la fois. Agrandir son territoire, conquérir le titre d’Empereur, surveiller ses frères, venir en secours au souverain Pontife, mais surtout : contrer les soulèvements qui prennent forme un peu partout (en Bretagne, en Aquitaine et en Septimanie) et en finir avec les incursions Normandes.
Désemparé face à ces ennemis d’un nouveau genre, le roi Charles le Chauve confie à un Homme de guerre d’organiser la riposte. Il s’agit de Robert le Fort, fils d’un boucher de Dreux appelé Capet…
Si Robert le Fort ne parvient pas à éradiquer les incursions Normandes, il aura le mérite de leur tenir tête un beau nombre de fois. Aussi, pour le récompenser, Charles le Chauve lui donnera le titre de : Duc de France, en 861, puis comte d’Angers, de Tours et de Blois, en 864. Hélas, il mourut en 866 après 6 années de combat.
Les Vikings
Appelés Normands (Northmen), les vikings désignent l’ensemble des peuples du nord de l’Europe actuelle : Norvège, Danemark, Suède... Ils naviguent le long des côtes sur de longues barques au fond plat et sans ponts, plus connus sous le nom de Drakkars. Repérés en...
Le Traité de Mersen
Depuis la mort de Lothaire 1er, en 855, Charles le Chauve et Louis le Germanique lorgnent sur la Lotharingie. Mais, le royaume est partagé entre ses trois fils, comme le veut la coutume :
- Louis II, l’ainé, récupère la couronne impériale et reçoit en héritage l’Italie.
- Charles devient roi de Provence
- Lothaire II obtient le nord du royaume paternel, la Lotharingie, située entre la Meuse et le Rhin.
En 863, Charles décède et la Provence revient à son frère Lothaire II. Mais, lorsque ce dernier décède à son tour en 869, Charles le Chauve fait aussitôt main basse sur la Lotharingie et la Provence. Il se fait sacré roi de Lorraine et s’accapare Aix la Chapelle.
Placé devant le fait accompli, Louis le Germanique proteste et réclame avec force sa part sur les possessions de son défunt neveu et menace même Charles le Chauve de « l’attaquer sans retard, s’il ne quitte pas Aix immédiatement ».
Le traité de Mersen, signé le 9 août 870, non loin d’Aix la Chapelle, va régler le partage de la Lotharingie. Charles le Chauve reçoit la plus grande partie de la Lotharingie avec une dizaine de villes importante. Louis le Germanique, quant à lui, se contente de la partie orientale du territoire avec : Vienne, Lyon, Besançon, Toul et Cambrai.
Le dernier Empereur Carolingien
Louis II, dernier fils de Lothaire 1er, est toujours Empereur et roi d’Italie. A sa mort le 12 août 875 à Brescia, le titre impérial échoit naturellement à Charles le Chauve qui, symboliquement, se fera couronner Empereur d’Occident à Rome par le pape Jean VIII : à la Noël 875, jour pour jour, 75 ans après Charlemagne,
Au printemps 877, le souverain pontife l’appelle au secours. Mais, Charles le Chauve hésite à quitter son royaume, car il est une nouvelle fois victime d’incursions vikings (Robert le Fort n’étant plus là) et d’autre part les Grands seigneurs sont au bord de la rébellion.
Le nouvel Empereur, protecteur de la chrétienté, n’a pas d’autres choix que d’aller à Rome secourir le Pape. Malheureusement, Charles ne reverra jamais ses terres, il meurt de dysenterie en cours de route. En son absence, les Grands du royaume en profite pour se soulever.



