Les Valois
Moyen Âge
Naissance
1293
Roi des Francs
1328
Mort
1350
Parents : Charles de Valois et Marguerite d’Anjou
Epouse : Jeanne de Bourgogne, Blanche de Navarre
Enfants : Jean II le Bon, Philippe d’Orléans, Jeanne de France
Philippe VI le Valois
Avec le décès de Charles IV, la dynastie capétienne s’éteint. Pour désigner leur nouveau souverain, les grands barrons du royaume s’appuieront sur la Loi Salique, qui interdit la transmission de la couronne par les femmes en ces termes : « femme ne peut servir de pont et de planche ».
Une succession dificile à faire accepter
Philippe VI de Valois, également surnommé le « roi trouvé » ou encore « le roi salique » est sacré à Reims, le 29 mai 1328, à l’âge de 31 ans. Il est le cousin germain des derniers rois capétiens (cf. « les rois maudits ») et comme eux, il est le petit-fils de Philippe III le Hardi. Ce qui fait de lui, l’héritier légitime du trône des capétiens.
Pourtant, Édouard III (le roi d’Angleterre), en tant que petit-fils de Philippe IV le Bel, pouvait lui aussi revandiquer la couronne de France. Mais, sur le moment, il se contentera d’accepter la décision des barons.
D’autre part, en échange de sa renonciation à la couronne de France, Philippe VI décide de restituer le royaume de Navarre à son héritière légitime : Jeanne de Navarre (la fille de Louis X le Hutin).
Mais en réalité, aux yeux des féodaux, Philippe avait surtout pour principal avantage de n’être ni Anglais, ni Navarrais !
La seconde guerre de 100 ans
A l’occasion de chaque sacre, les vassaux sont invités à rendre l’hommage féodal à leur suzerain. C’est ainsi que le 6 juin 1329, dans la cathédrale d’Amiens, Édouard III prêtera allégeance à Philippe VI pour le duché de Guyenne (Aquitaine), qu’il tient du roi de France.
La cérémonie une fois passée, Édouard III fera rapidement savoir à qui veut l’entendre, que ce n’est pas parce qu’il a prêté allégeance pour la Guyenne, qu’il renonce pour autant à la couronne de France. Cette déclaration suffit pour relancer les querelles.
Huit ans plus tard, encouragé par sa mère : Isabelle de France, ainsi que par Robert d’Artois, qui s’est définitivement froissé avec la couronne de France, Édouard III décide de se proclamer roi de France en 1337, relançant la question de la succession de Charles IV.
En réponse à cette provocation, Philippe VI décide de confisquer son duché de Guyenne. C’est le début de la guerre de 100 ans et dans un premier temps les français vont enchainer les défaites.
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LA GRANDE PESTE RAVAGE LE ROYAUME
Venue d’Asie Centrale dans les cales des navires marchands, la peste noire débarque, avec les rats, à Marseille en 1347. C’est la plus terrible de toutes, la peste pulmonaire à laquelle on ne résiste guère plus de 3 jours.
La propagation de lamaladie est fulgurante car elle touche une population déjà très éprouvée par la guerre, mais aussi trois années de récoltes désastreuses. La Grande Peste suit les chemins commerciaux, elle atteint Montpellier en janvier 1348, suit la vallée de la Garonne vers Toulouse avant de remonter vers le Poitou et la Bretagne. Paris est contaminée en août. A l’automne, c’est au tour de la Picardie et de la Champagne.
La population est invitée à ne point succomber aux amours passagères, à demeurer cloîtrer chez elle afin d’éviter l’air pestilentiel des lieux publics. L’alimentation doit faire l’objet des plus grands soins : il faut abandonner les fruits au profit des légumes cuits assaisonnés de vinaigre, préférer le vin à l’eau toujours suspecte.
Pour le peuple, la colère divine se calmera lorsque les coupables auront été châtiés. Les mendiants et les Juifs sont accusés d’avoir empoisonné les puits et les fontaines. En Alsace, ils seront envoyés au bûcher, avant même l’arrivée du fléau. En 1349, la peste s’éloigne du royaume de France et poursuit son macabre voyage vers les contrées nordiques. Au total, le royaume perd un tiers de sa population : c’est une hécatombe !
La dernière grande épidémie remonte aux Mérovingiens, 600 ans plus tôt. L’Europe avait presque oublié ce fléau.
L’heure du bilan
Malgré les défaites, la Grande Peste et les récoltes désastreuses, la France s’agrandit de la Champagne, la Brie, le Dauphiné viennois et la ville de Montpellier, villes pour la plupart achetées et non conquises. Ces acquisitions viennent compléter l’apanage déjà considérable de Philippe de Valois : Chartres, Maine et Anjou, qui réintègre le domaine royal avec son accession au trône.
Philippe VI meurt dans la nuit du 22 au 23 août 1350, à l’Abbaye de Coulombs à Nogent-le-Roi. De sa première épouse, Jeanne de Bourgogne (1293-1348), il aura 8 enfants, dont son fils ainé : Jean II le Bon, qui deviendra roi de France et Philippe (comte de Valois, mais aussi premier duc d’Orléans).
Devenu veuf, il se remariera en janvier 1349 avec Blanche de Navarre (1333-1398).

