La Révolution

Temps Modernes

La dissolution de l’Assemblée législative engendre de nouvelles élections qui vont donner naissance à la Première République (du 21 septembre 1792 au 18 mai 1804). Trois  gouvernements vont se succéder : la Convention, le Directoire et le Consulat (qui sera traité au moment du Premier Empire).

En réalité, cette république sera une dictature d’assemblées où les plus faibles seront éliminés par les plus forts.

La convention nationale

(du 20 septembre 1792 au 26 octobre 1795)

C’est avec la Convention que s’ouvre l’ère républicaine. Réunie pour la première fois, le 21 septembre 1792, au lendemain de la victoire inattendue de l’armée française à Valmy, la Convention proclame aussitôt l’abolition de la royauté et décide de dater ses décrets de l’an 1 de la République.

Les élections se font au suffrage universel, mais seuls 10% des Français iront voter. Les royalistes sont éliminés d’office et les autres s’abstiennent par crainte de représailles ou par indifférence.

Origines et composition

Les 749 élus, presque tous d’origine « bourgeoise », se regroupèrent selon leurs affinités :

A droite, siègent les Girondins (ou la Gironde) conduits par Brissot, Vergniaud, Guadet, Pétion et Roland, des élus de la province,

A gauche, les Montagnards (ou la Montagne), ainsi nommés parce qu’ils occupaient les gradins élevés de la salle. Proches des « sans culottes », les principaux membres avaient été élus par Paris Danton, Robespierreet Marat

Au centre, la Plaine (ou le Marais), qui comprenait une grande quantité de modérés ou d’opportunistes.groupée autour de Sieyès, Cambacérès, Boissy d’Anglas,

La convention Girondine

(du 21 septembre 1792 au 2 juin 1793)

Girondins et Montagnards se disputent âprement le pouvoir, les discussion sont violentes. Mais, n’oublions pas qu’au milieu de ces luttes se déroule le procès du roi. Son exécution, le 21 janvier 1793 a pour conséquence la formation de la première coalition de pays étrangers contre la France révolutionnaire, ainsi que le début d’une atroce guerre civile en Vendée composée par de royalistes qui se révoltent contre la Convention.

A Paris, la vie devient de plus en plus chère, les denrées se font rares et provoquent des émeutes. Devant tant de dangers, la convention prend des mesures sévères : elle crée successivement le tribunal révolutionnaire et le Comité de salut public bientôt revêtu de pouvoirs dictatoriaux.

Voyant les Girondins incapables de conjurer les périls, les Montagnards les font exclure de l’Assemblée le 2 juin 1793.

La convention Montagnarde

(du 2 juin 1793 au 27 juillet 1794)

L’éviction de la Gironde a rendu les Montagnards maîtres de l’Assemblée, mais ils doivent affronter de terribles difficultés : la guerre de Vendée continue, Lyon est passé aux mains des Royalistes, Toulon s’apprête à se livrer aux Anglais et sur les frontières, l’ennemi avance.

Pour lutter contre les périls extérieurs et intérieurs qui menacent la République, la Montagne organise sa propre dictature : « la Terreur » et fonde le gouvernement révolutionnaire par la loi du 4 décembre 1793. Robespierre règne en maitre absolu, les membres de la Convention tremblent devant lui, chacune de ses paroles est commentée avec inquiétude.

Peu à peu, les soulèvements provinciaux sont matés. La guillotine exécute tous les opposants, dont Marie-Antoinette et une partie des Girondins. Aux frontières, les armées françaises sont à nouveau victorieuses. Mais à Paris, Marat est assassiné par Charlotte Corday.

Marat assassiné par J-J Weerts (musée d'art et d'industrie, Roubaix)

Oeuvre présentée dans le musée d’art et d’industrie à Roubaix      Marat assassiné par J-J Weerts (1846-1927) 

Malgré ces succès, des dissensions se font sentir au sein de l’Assemblée. Les excès de la dictature de Robespierre, que l’on nomme « l’incorruptible » divisent la Convention. Le public commence à « avoir la nausée de l’échafaud ». Une conspiration se noue contre Robespierre. Il est abattu avec ses amis le 9 thermidor an II, c’est à dire le 27 juillet 1794. L’ère de l’épouvante est terminée.

La convention Thermidorienne

(du 27 juillet 1794 au 26 octobre 1795)

Robespierre abattu, une nouvelle politique se met en place et donc une nouvelle constitution, celle de l’an III. Impulsée par la Plaine, elle sera essentiellement une réaction contre la politique menée par les Montagnards. Le 26 octobre 1795 aux cris de « Vive la République », la convention céde la place au Directoire.

Entre-temps, un jeune général, de nom de Bonaparte, a maté à Paris la dernière insurrection royaliste. Il deviendra ce meme jour : commandant en chef de l’armée de l’intérieure. C’est églament à ce moment, pour bien marqué le changement qui s’opère, que la « place Louis XV », devenue un temps : « place de la révolution », devient maintenant « place de la Concorde ».

Malgré tout le sang versé, la Convention a accompli une œuvre politique et sociale considérable (abolition de l’esclavage, création su système métrique, du Grand Livre de la dette publique, de diverses grandes écoles, etc.), mais surtout elle a, par son énergie, sauvé le pays de l’invasion étrangère. Elle laisse cependant au nouveau gouvernement du Directoire un lourd héritage : vie chère, misère, banqueroute, spéculation.